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Sculpture sur bois
Dans notre atelier comme dans tous les autres de l’école, bien plus que le simple apprentissage d’un métier, nous formons un esprit dans lequel les mains sont au service de la pensée, ce qui donne à nos étudiants(tes), une ouverture sur tous les métiers parallèles à celui de leur formation initiale. L’atelier de sculpture sur bois forme des élèves très polyvalents ayant d’excellentes bases techniques facilement adaptables à tous les autres matériaux, ainsi qu’aux différents milieux de l’espace et du volume.

La sculpture sur bois a toujours été très présente dans les intérieurs des siècles passés, sous la forme d’ornements de mobilier, de boiseries ou de rondes-bosses (statues). Aujourd’hui, on distingue, la sculpture « décorative » (dans les secteurs de l’Antiquités et du Luxe) de la sculpture « fonctionnelle » (dans les domaines du Design et des Arts Appliqués) ou « conceptuelle » (avec les différents supports médias de l’art contemporain). L’atelier propose une formation très complète :

La connaissance du matériau et de l’outillage

C’est le passage incontournable qui permet d’entretenir et de maîtriser le mieux possible le maniement de la centaine de gouges confiées à chaque étudiant(e) pour sculpter dans différentes essences de bois et comprendre ce matériau capricieux. Ces connaissances sont complétées par l’apprentissage de ces essences, de leurs origines à leurs modes de débit et enfin par l’apprentissage des différentes machines qui permettent la préparation des bois, les modes d’assemblages et de collages selon les formes et fonctions.

La sculpture ornementale (dite de style)

C’est une formation réalisée (en 3 ans pour les FMA et 1 an pour les MAN) au travers des grands styles français, du moyen âge au XIXème ou même à la découverte d’autres cultures comme support pédagogique. Cette première formation permet d’acquérir les bases du métier par le biais du travail de copiste, de perfectionner "son œil et sa main" par le choix de modèles adaptés à chacun et d’appréhender le métier du bas relief à la ronde-bosse.

La sculpture académique

Elle a comme sujets les chefs d’œuvres des grands maîtres du XVème au XIXème abordés par une approche anatomique, puis morphologique (durant les années de Terminal FMA et de DMA 1). Ces sujets humains ou animaux permettent d’approfondir la notion de ronde-bosse (statue). Une fois ces étapes acquises, les élèves sont formés pour développer des démarches conceptuelles autour de thématiques imposées (par un procédé pédagogique expérimental en DMA 1). Certains projets plus ambitieux, dont l’intérêt pédagogique est évident, se font avec des partenaires extérieurs. Il s’agit le plus souvent d’un travail de groupe, aboutissant à un cas réel. Ces projets peuvent concerner plusieurs sections de l’atelier et participent à une excellente synergie.

La création

Lors de l’année du diplôme (DMA 2), la création demande aux élèves de faire preuve à la fois de leurs compétences techniques (en tant que sculpteur sur bois) et de leur créativité sur une œuvre qu’ils vont réaliser en une année. Comme dans tous les ateliers, ils doivent répondre à un sujet imposé. Nous invitons très largement nos étudiants(tes) à utiliser de nouveaux matériaux ou nouvelles technologies qui, mêlés au bois et à nos « savoir faire », peuvent apporter une pertinence au concept. Cette année à la fois « démonstratrice » d’une qualité d’exécution est bien souvent en même temps une année expérimentale forte en découverte et prise d’autonomie. Les élèves peuvent aussi choisir de dissocier la technique et la création en exécutant d’un côté une copie de style en bois (panneau d’époque, ronde-bosse décors de lutherie… pièce aboutie) et de l’autre, une pièce de création (à l’état de prototype) dont ils sont libres de choisir les matériaux appropriés au concept.

Les autres apprentissages

Les autres apprentissages fondamentaux et complémentaires à la formation du sculpteur sont :
- Le dessin qu’il soit étude préparatoire ou planches de présentations, ("dessin académique") est présent à toutes les étapes du travail, sur papier (mine de plomb, sanguine ou encre) ou sur le volume (craies ou burins). Le sculpteur dessine continuellement.
- Le modelage est le procédé inverse de la sculpture, "on ajoute la matière contrairement à la sculpture, où il s’agit de la retirer". Le modelage permet de mieux comprendre le volume, de faire des « erreurs non définitives » et de chercher ou mettre au point une proportion, une position, ou une facture.
- Le moulage permet de conserver le modèle de façon pérenne (d’après une étude en terre, en cire ou en plastiline). Les différentes techniques de moulage enseignées sont les moules à pièces, le plâtre perdu, et les silicones (qui permettent des formes plus complexes et la reproduction en quantité). Les tirages de modèles sont ensuite réalisés en plâtre, en résines polyester ou polyuréthanes selon la dimension et la fonction de l’objet..). Sont enseignées également des initiations à la patine et à la dorure.

Les principales qualités pour intégrer cet atelier sont la sensibilité, le sens du volume et des notions de dessin. Le sculpteur doit être sensible aux proportions, aux lignes, aux jeux de lumières sur les formes. Une bonne habilité manuelle est indispensable pour l’exécution des projets.

Les débouchés

Les débouchés peuvent être classés en deux groupes :
- La sculpture dite "classique", axée sur la conservation du patrimoine qui comprend la restauration de sculptures anciennes ou de mobilier sculpté, la copie d’œuvres classiques, mais aussi la commande de création d’originaux dans l’esprit d’une époque ou encore la création de modèles de bronze. Il faut considérer que, salarié chez un artisan, ou artisan à son compte, ces places sont plus rares.
- La sculpture "contemporaine" sur bois ou une multitude d’autres matériaux, de l’infiniment petit au géantissime, ce registre couvre des champs d’activités très larges et ouvre plus de possibilités d’offre d’emploi. Ils comprend la sculpture pour les décors de cinéma (films d’époques ou fictions…), de théâtre (décors volumes ou sculptures), d’opéras (scènes et sculptures géantes), de "théâtre de rue"(ref à « Royal de Luxe »), de publicité (sculptures d’objets), ou la réalisation d’œuvres agrandies ou non, pour d’autres sculpteurs, mais aussi les effets spéciaux (androïdes animés, réalisation de répliques de comédiens ou d’animaux pour des trucages, maquillage...), le model-making (objets transformés ou surdimensionnés pour la photographie), les maquettes (d’architecture, de scénographie ou design), ou encore les prototypes , la PLV (présentoirs sur lieu de vente, vitrines), ou enfin le milieu beaucoup plus limité des artistes exposés en galeries, foires et autres salons. Et donc... artisans, artistes libres, intermittents du spectacle, ou éternels étudiants... tous s’épanouissent.

Les deux professeurs de sculpture

- Patrick Blanchard, professeur de sculpture ornementale et académique
- Yorane Lebovici, professeur de sculpture contemporaine et académique